Al otro Margen

Rutas en la pintura de Carmen Herrera Nolorve

Sunday, January 21, 2007

COMME UNE OMBRE

Carmen Herrera Nolorve


Un samedi matin, me baladant dans le quartier de Saint Michel afin de chercher un restaurant, j'y ai aperçu une femme tout de noir vêtue. Son mari, un homme noir habillé en blanc l'accompagnait. Un tel contraste m’a choqué. Elle était probablement d’une de ces religions du Moyen-Orient où l’on interdit aux femmes de montrer toute partie de leur corps ; jusqu’aux yeux ; partie du corps censée être libre.
Quand j'ai vu cela, j'ai décidé de les suivre pour tenter d’assouvir ma curiosité. J’ai alors compris que je ne pouvais pas lui créer un passé, une histoire ou encore mieux la reconstruire.
Pour cette femme- ombre au visage élancé et aux mouvements fluides, j'ai choisi une peau cannelle. Elle a un long et mince cou avec un regard fixe et perçant qui bien que très triste, tente de dissimuler ses sentiments. Elle aurait de longs cheveux ondulés. Au début, j’ai voulu lui donner un nom mais je me demande si elle en a réellement besoin.
Elle marchait derrière cet homme et une telle ombre n’émettait aucun son. L’unique différence avec une ombre réelle était que celle-ci était en chaire et en os et on pouvait écouter ses pas. A-t-il été quand ai-je pensé si ses sentiments comptent pour cet homme ? elle aurait volonté de décision ou toujours doit obéir à tout ce qu'il dit ?, ceci doit être une question de religion ou de personnalité ?
J'ai essayé de me mettre à sa place et me sentir comme elle, il a réellement été très difficile, puisque nous sommes deux cultures très différent, croyances différentes et bien sur personnalités différentes. Je me suis mis mille toiles sur ma tête et je suis arrivée à la conclusion qui déteste avoir le visage couverte, parce que je ne sent pas l'air qui colle dans mon visage et qui me fait sentir libère. Cet air qu'il me parle et qui me dit qu’il pleuvra bientôt, cet air qui m'apporte les parfums de différents types et de différents endroits. Cet air qui me dit dans quelle saison nous sommes. Cet air que j’ai besoin pour me sentir comme part de la nature.
Alors j’ai senti beaucoup de peine et une véritable frustration en pensant à cette femme, en respirant son propre air, un air qui sort de ses entraînes, peut-être avec la colère, peut-être avec l’amour, peut-être avec l’haine et pourquoi non, peut-être avec j'inquiète.
Pourquoi ne pas montrer son visage, faire face à tous et dire celle-ci c’est moi, je suis moi même? Pourquoi ne pas se montrer ? Pourquoi se dissimuler ? Pourquoi ne pas être libre ? Pourquoi baisser la tête ? Pourquoi avoir la peur ?, Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi ?
Je suis peut-être qui s’est interrogée beaucoup, et elle, celle-ci femme- ombre est heureuse dans sa maison, sans penser à rien que à vivre le jour. Veiller à ses fils et à leur mari.
Je suis peut-être qui ne comprend pas comme fonctionnent ces cultures et ses codes ou est peut-être ma manière de réfléchir devant une image qui me touche.
J’essayerai maintenant de ne pas penser celle-ci femme- ombre je lui laisserai aller de mes pensées et seulement restera dans ma mémoire une silhouette reflétée dans la voie avec le son de ses pas en suivant ceux de son mari.